Sex Toys Le blog Sextoy de référence pour tout savoir sur les sex toys!

Sextoys à petits prix!

Posted on 13 avril 2011

Le sexe, c'est tendance. Pas un magazine qui ne parle de désir, de sexe, de fantasmes et de libido...

De plus en plus de femmes assument et assurent pleinement leur plaisir avec ... ou sans homme. Car si le sextoy fut longtemps réservé aux femmes seules, aux milieux gays et lesbiens, aux pratiques. sadomasochistes, son arrivée au sein des couples hétéros est un phénomène récent. Ainsi, en quelques années, le vibro «pour masser les joues» des pages bien-être de la Redoute est devenu un sextoy assumé. Frustrés, les hommes? Pas forcément... Nombreux sont ceux qui participent à cette envie de jeux érotiques, à sa banalisation, et accompagnent volontiers madame dans les boutiques chics, aux Galeries Lafayette, Printemps ou chez Sonia Rykiel... où rous lui consacrent un rayon. Mais, bien au-delà d'une mode, l'utilisation de ces objets particuliers remonte à plus de 2000 ans. La recherche du plaisir et la découverte de nouvelles sensations ne sont pas actuelles. Avec ce livre, vous allez découvrir l'histoire du sextoy et constater qu'il existe un nombre incroyable de modèles pour routes et tous.

Extrait du livre Sextoys Story de Vincent Vidal

Du Sexe au temps des Cro-Magnons

Posted on 14 avril 2011

GILLES DELLUC Anthropologue, préhistorien et notamment auteur, avec Brigitte Delluc, du Sexe au temps des Cro-Magnons.

Pourquoi avoir publié l' ouvrage sur la sexualité de nos lointains ancêtres? Et pourquoi une telle discrétion régnait-elle sur le sujet jusqu'alors ?

C'est la suite d'un travail me permettant de relier mes deux métiers : médecin des hôpitaux et chercheur au département de Préhistoire du Muséum national d'Histoire naturelle. Le fait d'être bivalent permet d'aborder des sujets comme la sexualité et la nutrition paléolithiques. Il ne régnait pas seulement une « discrétion» pudique sur ces sujets, chez Henri Delporte par exemple, qui a publié un grand inventaire, mais une méconnaissance anatomique et physiologique. Elle a été bien montrée par le Dr Jean-Pierre Duhard dans son beau travail sur le' Réalisme de l'image féminine au Paléolithique (CNRS 1993) : nos contemporains ne connaissent pas grand-chose de la sexualité (et de la nutrition), malgré le caractère quotidien de ces activités et les films X. La plupart des hommes n'ont jamais regardé de près le sexe de leur conjointe et vice versa ...
Pudeur également: les blocs aurignaciens anciens de Blanchard, Cellier, Castanet étaient relégués dans le placard à balais du musée des Eyzies, le grenier de celui de Périgueux et n'étaient plus présentés au musée de Saint-Germain-en-Laye avant notre publication de 1978 sur les blocs aurignaciens.

Il ne s'agissait donc pas d'un tabou des préhistoriens?

À vrai dire, pendant longtemps, les préhistoriens, sauf l'abbé Henri et André Leroi-Gourhan, se sont intéressés surtout aux outils et aux ossements. En outre, évitons le mot tabou qui ne concerne que la Polynésie ...

Selon vous, quelle est la plus ancienne trace de représentation sexuelle et peut-on savoir à quoi elle correspondait?

Ce n'est pas « selon nous », c'est reconnu par tous. Ce sont les nombreuses images sexuelles (vulves et phallus) des gisements des environs des Eyzies (Blanchard, Castanet, Cellier, la Ferrassie, le Poisson), trouvées sur des blocs en stratigraphie et datées de l'Aurignacien.
On peut en rapprocher l'image de vulve peinte à Chauvet, peut-être la vulve gravée de la Cavaille. Pourquoi ces images? Cela reste un mystère et nous sommes dépourvus d'imagination. Ce qui est certain, c'est que parmi les premiers graphismes de l'humanité, ils ont représenté des hommes et des femmes par seulement leur sexe: c'est une synecdoque remarquable, la partie pour le tout. Cela, dès que l'homme (ou la femme) a eu l'idée de dessiner sur un plan, en deux dimensions, ce qu'il voyait en trois dimensions dans la nature. Et cela a continué durant tout le Paléolithique.

On dissocie souvent les représentations masculines (plus rares) des représentations féminines (notamment les Vénus), comment doit-on interpréter leur fonction? Dans quel type de ritualisation s'inscrivaient-elles, si ritualisation il y avait?

Encore une fois, les raisons pour lesquelles ces images ont été faites ne sont pas de notre ressort. Il serait miraculeux que l'on arrive à comprendre ce qui s'est passé dans la tête des Cro-Magnons il y a 40, voire 35 000 ans. Ces hommes étaient pourtant exactement comme nous. Quand on étudie les mœurs sexuelles des peuples dits primitifs, on se rend compte qu'il y a d'innombrables us et rites très divers, souvent inattendus.

Cela fait penser que: primo, on ne peut imaginer ce que faisait tel ou tel groupe paléolithique; secundo, on aurait tort de leur appliquer notre mode de pensée contemporain. De là les dérives qui ont fait parler de magie (de chasse, de fécondité ... ), de sorcellerie, de chamanisme, de totémisme ... Tout au plus peut-on évoquer des « religions »,
devant le caractère très organisé et plutôt monomorphe des grottes ornées, souvent appelées « sanctuaires ».
Ces religions du Paléolithique seraient les seules où la sexualité n'intervienne pas en positif ou en négatif.

En ce qui concèrne les objets mobiliers qui représentent des phallus, que l'on dirait en érection, a-t-on aussi résolu la question de leur usage?

Les bâtons percés ont servi de redresseurs de sagaies, extraites de bois de cervidé naturellement courbes. Le manche de ces bâtons a été volontiers transformé en phallus:
décor simple? Calembour graphique? Autre motif? .. La partie large est parfois ornée d'un triangle vulvaire.
Gilles Delluc: ({ C'est le type même de ces graphismes paléolithiques dont on identifie bien les éléments: tête d'ours, phallus et bourses. Cette scène avait certainement un sens. Mais celui-ci est incompréhensible faute d'un commentaire et il le restera toujours.
Un Martien serait bien embarrassé devant un panneau de sens interdit ou un Christ en croix. Se laisserait-il aller à imaginer une histoire de Martien ? )}

Cas d'école marquant: le bâton percé de la grotte d'Abzac qui figure deux phallus ...

Même réponse évasive quant à son utilisation autre que matérielle. On voit encore le trou du bâton entre les deux phallus.

La représentation du poisson avait-elle, durant cette période, une connotation sexuelle, comme pourrait le suggérer la forme spécifique de la spatule e1I os de la grotte Rey?

C'est vrai à l'époque historique (y compris pour le 1er avril). Pas à notre connaissance au Paléolithique. L'usage de ces minces spatules est inconnu. Leur forme est peut-être phalliforme, mais de profil seulement,
sur les photos.


Pour finir, de quelles idées saugrenues faut-il se débarrasser à propos de la sexualité des Cro-Magnons ?

Je crois avoir écrit mon point de vue dans mon livre et ici même. L'essentiel, comme toujours dans l'étude des graphisines paléolithiques (j'évite le terme d'« art»),
est de ne pas vouloir aller trop loin. On finit par voir de l'astronomie dans les grottes ornées et par raconter les amours de Lucy comme Jacques Malaterre dans son Odyssée de l'espèce. Notre principe c'est: on fait ce qu'on peut avec ce que l'on a ... Ce que je n'ai pas dit dans ce livre, je crois, c'est que les Cro-Magnons sont presque exactement comme nous (plus grands, le crâne un peu moins rond et la mandibule un peu moins longue). Ils sont, dans le temps, très proches de nous. Ils ont les mêmes phéromones, les mêmes hormones, les mêmes neurotransmetteurs, les mêmes neuro-peptides ... que nous. Donc, ils devaient connaître le désir, le coup de foudre, la passion, la jalousie ... comme nous, puisque tout cela est ainsi régi chez nous tous, comme le dit Jean-Pierre Changeux, dans Biologie des passions ou dans I:Homme neuronal.
Pour des raisons hormonales aussi (testostérone vers us hormones féminines), tous les peuples dits primitifs pratiquent une division sexuelle du travail. L'homme chasse (quelques heures par jour) ; la femme s'occupe de la cueillette, des enfants et de la maison (toute la journée). La qualité de l'art animalier semble démontrer que c'est un art de familiers du gibier, donc d'hommes ... Les rares hommes figurés en activité sont en train de chasser. Quant aux femmes, le plus souvent, elles sont figurées dans leur action la plus féminine: attendre un enfant, voire le mettre au monde (une statuette de parturition à Brassempouy, une gravure à Laussel et une demi-douzaine à la Marche).

Extrait du livre Godes' story l'histoire du sextoy par Christian Marmonnier